Héritage sans taxe au Portugal ? J’entends parfois cette assertion, est-elle vraie ?
La transmission patrimoniale entre France et Portugal, c’est jongler entre traditions hexagonales ultra-codifiées et la douceur d’une fiscalité portugaise façon fado. Avec quelques exceptions qui fleurent bon le bon sens (ou l’astuce) pour qui veut échapper à la valse des impôts.
Mais, que se passe-t-il quand la succession prend un petit air de fado et s’invite au Portugal ? Spoiler : les héritiers risquent d’y danser avec le sourire.
Voici, en plus, le viager expliqué sans tabou : un vrai joker à connaître !

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Succession : Un air de famille… et de fiscalité
En France, l’héritage, c’est sacré – et surtout verrouillé. Impossible de déshériter ses enfants comme dans les séries américaines : la loi veille, telle un huissier un soir d’inventaire, à ce que chaque rejeton obtienne sa part du gâteau (la fameuse « réserve héréditaire »). Mais pas de panique, il reste de quoi saupoudrer un peu de patrimoine ailleurs : la part dite « quotité disponible ».
C’est cette portion libre que l’on peut attribuer, par testament, à qui on veut : la voisine fan de tricot, une association, ou son cousin portugais (attention à la fiscalité !).
Et le fisc, lui, il ne dort jamais : plus le lien de parenté est ténu, plus la douloureuse grimpe. Après seulement 1 594 € d’abattement, l’État pique 55% aux neveux et cousins, et 60 % aux bons copains. Heureusement, le conjoint (marié ou pacsé) est totalement exonéré, comme certains organismes caritatifs ou les personnes handicapées (avec un abattement généreux).
Portugal : des règles claires et bienveillantes
Au Portugal, la fiscalité successorale ressemble à une promenade sur les quais de Porto : simple et, pour les héritiers directs, vraiment douce.
- Pas de “droits de succession” classiques, mais un droit de timbre (« Imposto do Selo ») de 10 % MAIS voir la ligne suivante …
- Exonération TOTALE pour enfants, conjoints, parents, grands-parents et petits-enfants, même s’ils résident hors du Portugal ou sont étrangers.
- Héritiers non directs : 10 % (ou 10,8 % sur l’immobilier)
- Pour les dons immobiliers : un mini-supplément de 0,8 % (sur la valeur cadastrale)
- Les donations avec réserve d’usufruit permettent au donateur de garder l’usage/les revenus tout en anticipant la transmission.
Tableau : fiscalité successorale et donation au Portugal
| Situation | Taux de taxation au Portugal |
| Enfant, conjoint, parent, petit-enfant | Exonéré de droit de timbre (0 %) |
| Héritier non direct (frère, ami, etc.) | 10 % (ou 10,8 % si bien immobilier) |
| Donation immobilière avec réserve d’usufruit | 0,8 % (droit de timbre), usufruit préservé |
Une ombre au tableau… côté français
Avant de sabrer le vinho verde, attention : si un héritier réside fiscalement en France, la patrie des impôts revient à l’assaut.
La France exige que toute transmission reçue par ses résidents, peu importe où se trouve le bien, soit déclarée et éventuellement taxée (après abattement de 100 000 € par parent et par enfant, puis application d’un barème pouvant aller jusqu’à 45 %).

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La convention fiscale franco-portugaise ne sauvera pas votre héritier – ce n’est pas l’impôt portugais (souvent nul en ligne directe) qui réduira la facture côté français. Pour en savoir plus.
Donation, usufruit et parade fiscale
Envie d’être généreux, mais pas trop pressé de tout quitter ? La donation avec réserve d’usufruit est le joker préféré des expatriés malins.
On transmet le bien à ses enfants tout en gardant l’usage ou les loyers, histoire de couler encore quelques jours heureux sous le soleil lusitanien. Côté impôts, seul un petit 0,8 % s’applique sur l’immobilier pour cette opération, et hop : le tour est joué.
La vie en viager : le coup de maître discret
Vendre en viager reste un puissant levier pour améliorer ses revenus ou favoriser une personne sans passer par la case « héritier réservé ». Le vendeur (crédirentier) cède sa propriété à l’acheteur (débirentier), qui paie un capital initial puis une rente jusqu’au décès du vendeur. Le bien ne change réellement de mains qu’après cette échéance. Pour en savoir plus.
Avantage : on transforme un actif illiquide en ressources immédiates, tout en ménageant (parfois) la susceptibilité familiale au moment de la succession.
Déshériter ? Le mirage de l’expatriation
Un point de droit amusant : s’il est notoire qu’on ne déshérite pas ses enfants en France, certains pays laissent faire… et la loi applicable à la succession dépend du lieu de résidence habituelle au moment du décès.
Depuis 2015, si la résidence est légalement « à l’étranger », la transmission peut donc se faire selon les règles locales – sans réserve héréditaire, donc potentiellement sans rien pour les enfants si tel est le vœu du défunt.
Mais, horresco referens : si vos rejetons sont laissés sur le carreau par la générosité d’une loi étrangère, la France a prévu depuis 2021 une parade pour « compenser » sur les biens situés dans l’hexagone. Fin de l’évasion, retour à la case notaire…
Petit résumé pratique
- Enfant ou conjoint ? Au Portugal, enfants et conjoints ne paient RIEN sur les biens reçus en succession ou donation : viva la vie !
- Héritier non direct : 10–10,8 % selon la nature du bien.
- Donation avec usufruit : permet d’optimiser la transmission, surtout si l’héritier n’utilise pas encore le bien ou que le donateur souhaite garder les revenu
- Mais en France, les impôts surveillent toujours leurs ouailles… et taxent les successions reçues par leurs résidents, même à l’étranger.
- Viager : stratégie astucieuse pour convertir son bien en rente sans léser la réserve héréditaire en France, ou pour simplifier la succession dans une famille recomposé.
Calculez vos coups : au Portugal, le soleil brille aussi sur la transmission… mais l’ombre du fisc français ne s’efface qu’avec une vraie planification (et, de préférence, avec l’accompagnement d’un bon conseiller Casa Vergao).








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