Le gouvernement veut garder le cap de la modération des dépenses publiques malgré la pression de ses alliés d’extrême gauche.

C’est le dernier budget du gouvernement d’Antonio Costa. Mais c’est le plus compliqué pour le premier ministre portugais qui entre dans la dernière année de son mandat, en attendant les élections législatives de l’automne prochain. Les grandes lignes du projet de loi sont présentées au Parlement ce lundi, juste avant leur envoi à Bruxelles, mais les discussions devraient se poursuivre, ensuite, d’ici le vote prévu en novembre prochain.

L’ambiance de précampagne est en effet en train de compliquer les relations de l’exécutif socialiste avec ses alliés d’extrême gauche et le plan budgétaire se prépare sous la pression des communistes du PCP et les radicaux du Bloc de gauche, qui tous souhaitent tirer leur épingle du jeu et aborder la campagne électorale avec dans leur manche l’atout de nouvelles conquêtes sociales.

Un déficit à 0,2 % en 2019

Leurs exigences s’affrontent avec la ligne du  ministre des finances, Mario Centeno , qui prétend laisser le pays avec des  comptes proches de l’équilibre l’an prochain , avec un déficit à 0,2 % en 2019 (contre 0,7 % prévu pour 2018). L’objectif de limitation des dépenses publiques tenu ces dernières années ne devrait donc pas varier, même si le gouvernement négocie avec l’extrême gauche un calendrier progressif de hausse des retraites et des salaires de la fonction publique. Il prévoit aussi la baisse de la facture énergétique des ménages, de nouvelles aides à l’éducation et une incitation au retour pour les émigrés économiques partis avec la crise en leur offrant une réduction de 50 % d’impôt sur le revenu. Côté recettes, il prépare un relèvement des contributions de 1,5 % à 2 % pour les patrimoines au-dessus de 1,5 million d’euros, et une hausse des taxes sur les sacs en plastique et sur les boissons sucrées.

Confiance des marchés

Malgré les complications de la négociation, la situation est nettement plus confortable pour Lisbonne cette année que les précédentes. Le pays a redressé ses comptes publics, la croissance se maintient (2,2 % attendus l’an prochain), le chômage (à 6,7 %) poursuit sa décrue et la confiance des marchés est retrouvée, avec pour preuve la décision de l’agence de notation Moody’s de sortir la dette souveraine portugaise de l’investissement spéculatif, comme Fitch et S & P l’avaient déjà fait l’an dernier .

Le ministre des Finances refuse néanmoins de baisser la garde. « Il n’y a pas de marge pour la complaisance et les solutions apparemment faciles de type populiste », dit Mario Centeno, en avertissant que le pays doit se préparer à un ralentissement de l’économie qui arrivera « tôt ou tard » et qu’il faut appuyer les réformes structurelles de l’économie. Car pour lui, si le Portugal a réussi à rebondir, c’est précisément grâce à une politique budgétaire attentive qui a conduit vers « la crédibilité, la stabilité sociale et une croissance inclusive ».

https://www.lesechos.fr/monde/europe/0302402737325-le-portugal-prepare-un-budget-sage-2213421.php