La France n’existe plus

par | 2 Avr 2026 | Partir au Portugal

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Ce n’est pas un slogan. C’est ce que disent les données. Et c’est la première raison pour laquelle tant de Français regardent ailleurs.

Voir nos autres articles ici et ici .

J’ai vécu trente ans dans un pays où les gens se comprenaient sans avoir besoin de s’expliquer.

Les règles étaient les mêmes pour tout le monde.

On n’avait pas peur d’envoyer ses enfants à l’école du quartier. On se parlait dans la rue.

Ce pays-là, je ne le retrouve plus. Et les gens qui me contactent pour le Portugal, ils ne le retrouvent plus non plus

 

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1. Un archipel de 68 millions d’habitants

En 2019, Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’IFOP, a publié L’Archipel français. Le livre a reçu le prix du Livre politique. Son constat, étayé par des milliers de données INSEE, de sondages et de cartographies électorales, tient en une phrase : la France est devenue une nation multiple et divisée.

Fourquet ne fait pas de politique. Il compte. Il mesure. Et ce qu’il mesure, c’est la dislocation du socle commun qui tenait le pays ensemble.

Les fractures qu’il identifie :

  • La matrice catho-républicaine qui structurait la société depuis un siècle s’est effondrée. En 1960, 4 pratiquants sur 10 allaient à la messe. Aujourd’hui : 7 %.
  • Les institutions de brassage ont disparu. Les colonies de vacances sont passées de 4 millions de participants à 800 000. Le service militaire n’existe plus.
  • La sécession des élites est documentée : la part des élèves d’origine modeste dans les quatre plus grandes écoles (Polytechnique, ENA, HEC, ENS) est passée de 29 % en 1950 à 9 % au milieu des années 1990.
  • La diversification des prénoms reflète une fragmentation culturelle profonde. Fourquet démontre que les prénoms arabo-musulmans représentaient 18,8 % des naissances masculines en 2016, contre moins de 1 % en 1960.

Le mot qu’il utilise est précis : « archipélisation ». Des îles humaines qui coexistent sous le même drapeau, mais qui ne partagent plus les mêmes références, les mêmes codes, les mêmes règles du jeu.

 

2. Les chiffres que personne ne conteste

On peut débattre des causes. On peut débattre des solutions. Mais les chiffres, eux, ne sont ni de droite ni de gauche.

Démographie et transformation

Selon le ministère de l’Intérieur (chiffres publiés le 27 janvier 2026), 4,5 millions d’étrangers disposent d’un titre de séjour en cours de validité fin 2025, soit 8,1 % de la population. En 2025, 62 235 personnes ont acquis la nationalité française. Et 116 476 demandes d’asile ont été enregistrées.

Ces chiffres ne comptent ni les situations irrégulières, ni les Français issus de l’immigration sur deux ou trois générations.

Fourquet estime que la population d’ascendance extra-européenne représente désormais 25 à 30 % des résidents.

Insécurité : la tendance longue

Les données du SSMSI (service statistique du ministère de l’Intérieur) pour 2025 montrent :

  • Violences physiques : +5 % (intrafamiliales et hors cadre familial confondues)
  • Violences sexuelles : +8 %. Les viols et tentatives progressent de +9 %
  • Tentatives d’homicide : +5 %
  • Escroqueries et fraudes : +8 %, dans une tendance haussère de +7 % par an depuis 2016
  • Atteintes numériques : +14 % sur un an, 453 200 infractions enregistrées

Selon un sondage CSA de mai 2025, 70 % des Français sont d’accord avec l’affirmation : « il n’y a pas d’endroit en France où se sentir en sécurité ».

Que ce sentiment soit objectivement justifié ou non, il reflète un état d’esprit collectif. Et c’est cet état d’esprit qui fait partir les gens.

 Ce que disent les données officielles

  • 4,5 millions de titres de séjour en cours de validité (8,1 % de la population).
  • 982 victimes d’homicide en 2025.
  • Violences physiques en hausse continue depuis 2016.
  • Sentiment d’insécurité : 70 % des Français estiment qu’aucun endroit n’est sûr.

Sources : Ministère de l’Intérieur, SSMSI, CSA.

3. La confiance sociale : le vrai indicateur

Pierre Brochand, ancien directeur de la DGSE (les services de renseignement extérieur français), a posé le diagnostic avec une formule nette dans Le Figaro Magazine : le véritable enjeu, c’est l’effondrement de la confiance sociale.

La confiance sociale, c’est:

  • ce lien invisible qui fait qu’on accepte de vivre ensemble.
  • Qu’on respecte une file d’attente.
  • Qu’on laisse la porte ouverte à un inconnu.
  • Qu’on envoie son enfant jouer dehors sans surveiller par la fenêtre.
  • Qu’on paie ses impôts en sachant que les autres font pareil.

Quand cette confiance se délite, tout se dégrade.

  • La politesse recule.
  • L’évitement progresse.
  • Les gens déménagent.
  • Ils mettent leurs enfants dans le privé.
  • Ils cessent de fréquenter certains quartiers.
  • Ils ferment leur porte à clé là où ils ne le faisaient pas.

Fourquet le documente : les CSP+ vivent de plus en plus en autarcie. Logements, commerces, écoles, loisirs, lieux de travail séparés.

Chacun « vote avec ses pieds ». Les centres-villes deviennent des zones protégées pour les plus aisés. La périphérie absorbe ceux qui n’ont pas les moyens de choisir.

Et pour ceux qui en ont les moyens, l’étape suivante est claire : quitter le pays.

4. L’exode silencieux

Au 31 décembre 2025, 1 784 975 Français sont inscrits au registre consulaire. C’est une hausse de +1,7 % par rapport à 2024. Mais l’inscription n’est pas obligatoire. Le ministère des Affaires étrangères estime le nombre réel de Français vivant hors de France à environ 3 millions.

Trois millions. L’équivalent de la ville de Paris et de toute sa première couronne. Partis.

Bon j’exagère avec cette image de l’exode de 1940 ! Mais qui sait, si l’essence disparait ? Est-on vraiment à l’abri ?

Et le profil de ces expatriés change. Ce ne sont plus seulement des cadres en mission internationale. On voit de plus en plus de familles avec enfants, de télétravailleurs de 35 ans, de couples de 55 ans qui anticipent leur retraite. La population française à l’étranger est jeune : 24 % ont moins de 18 ans.

Ce qu’ils cherchent ? J’entends toujours les mêmes mots : sécurité, calme, normalité, cohérence. Le soleil et la fiscalité viennent après.

 Ce que j’entends tous les jours

  • « On ne reconnaît plus notre quartier. »
  • « L’école de mes enfants, c’est devenu un autre monde. »
  • « Je ne me sens plus chez moi dans mon propre pays. »
  • « Je ne veux pas attendre que ça empire. »

Ces phrases ne sont pas des slogans politiques. Ce sont les mots de gens ordinaires qui m’écrivent chaque semaine.

5. Ce que Robert Putnam a démontré (et qu’on préfère ignorer)

Robert Putnam est professeur à Harvard. Personne ne le soupçonne d’être d’extrême droite. En 2007, il a publié les résultats d’une étude massive menée dans 41 communautés américaines. Sa conclusion l’a lui-même embarrassé : plus une communauté est ethniquement diverse, plus la confiance sociale y est faible.

Pas la confiance envers « les autres ». La confiance envers tout le monde, y compris les gens qui vous ressemblent.

Putnam a montré que dans les quartiers les plus divers, les habitants :

  • Font moins confiance à leurs voisins
  • Votent moins
  • S’engagent moins dans la vie associative
  • Regardent plus la télévision seuls chez eux
  • Se déclarent moins heureux

Putnam appelle ça le « hunkering down » : le repli sur soi. Les gens se rétractent comme des tortues dans leur carapace. La vie civique meurt. La solidarité de proximité disparaît.

Ce que Fourquet décrit en France, c’est exactement le même phénomène. Sauf que personne ne veut en tirer les conclusions.

6. Le déclassement éducatif, symptôme de la fracture

L’école était le creuset. Le lieu où la République fabriquait du commun.

Où les enfants de toutes origines apprenaient les mêmes textes, respectaient les mêmes règles, partageaient les mêmes récréations.

Ce creuset est fissuré. Le classement PISA le confirme régulièrement : la France recule en lecture, en mathématiques, en sciences. L’écart entre les meilleurs élèves et les plus faibles se creuse. Et surtout, la corrélation entre l’origine sociale et les résultats scolaires est l’une des plus fortes des pays de l’OCDE.

La conséquence ? La fuite vers l’enseignement privé s’accélère. Ceux qui peuvent payer mettent leurs enfants à l’abri. Les autres restent.

La machine à fabriquer du commun devient une machine à fabriquer de la séparation.

Et pour beaucoup de parents que j’accompagne, c’est le déclencheur final : quand vous ne faites plus confiance à l’école de vos enfants, vous commencez à chercher un autre pays.

7. Pourquoi le Portugal répond à cette demande précise

Les gens qui me contactent ne cherchent pas un paradis fiscal. Ils cherchent un pays où :

  • La société fonctionne encore de façon cohérente.
  • Les règles sont les mêmes pour tout le monde.
  • La culture du pays est respectée par ceux qui y vivent.

Le Portugal répond à ces critères pour des raisons structurelles, pas cosmétiques.

Une homogénéité culturelle préservée

Le Portugal a une identité forte, ancrée dans des siècles d’histoire. La langue, la gastronomie, le rapport au temps, la politesse, le respect des aînés, la saudade : tout cela forme un tissu social que les Portugais protègent naturellement. Il y a de nettes différences de culture lire ici notre article.

L’immigration y existe, mais elle reste proportionnée et les nouveaux arrivants s’intègrent dans la culture locale, pas l’inverse. Peut-être pas tous mais l’immigration très différente culturellement reste minoritaire.

La sécurité : 7ème pays le plus pacifique au monde

Le Global Peace Index 2025 classe le Portugal 7ème sur 163 pays.

La France est 86ème (en grande partie à cause de sa militarisation et de son instabilité politique récente).

L’écart de 79 places ne parle pas seulement de sécurité. Il parle d’une manière d’être dans le monde.

Une société où la confiance existe encore

Au Portugal, on ne parle pas fort dans les transports. On ne klaxonne pas pour un rien. Les quartiers résidentiels sont calmes le soir. Les enfants jouent dehors. Les voisins se saluent.

Ce sont des détails.

Mais ce sont ces détails qui font la différence entre une vie agréable et une vie sous tension.

Portugal : ce que vous retrouvez

  • Un pays où la culture locale est forte et respectée.
  • Une sécurité de premier rang mondial (7ème GPI 2025).
  • Une confiance sociale intacte : les gens se parlent, s’entraident, vivent ensemble.
  • La protection complète de l’Union Européenne.
  • Un coût de la vie raisonnable et une fiscalité compétitive (IFICI : 10 % pendant 10 ans).
  • 300 jours de soleil par an en Algarve.

8. Sources

Cet article s’appuie exclusivement sur des données publiques et des travaux académiques reconnus :

  • Jérôme Fourquet, L’Archipel français, Éditions du Seuil, 2019 (Prix du Livre politique)
  • Robert Putnam, « E Pluribus Unum: Diversity and Community in the 21st Century », Scandinavian Political Studies, 2007
  • Ministère de l’Intérieur, Chiffres provisoires de l’immigration pour 2025 (publiés le 27 janvier 2026)
  • SSMSI, Insécurité et délinquance en 2025 : première photographie (publiée le 29 janvier 2026)
  • Institute for Economics & Peace, Global Peace Index 2025
  • Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, La communauté française à l’étranger en chiffres (décret du 22 janvier 2026)
  • Pierre Brochand (ancien directeur de la DGSE), entretien au Figaro Magazine, 2025

 

 Votre prochaine étape concrète

Vous lisez ces chiffres et vous vous reconnaissez. Vous n’êtes pas seul. Des centaines de familles francophones ont déjà fait le choix du Portugal avec notre accompagnement.

Contactez-nous pour en parler.

 

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5 Commentaires

  1. Choffat

    Je partage la conclusion de cet article. La France d’hier disparaît et je ne vois pas de France pour demain. Français je me sens chez moi au Portugal et étranger quand je dois passer quelques jours en France. Quelle tristesse, ce constat!

    Réponse
  2. Hervé Walrave

    Je partage ,monsieur ,votre amour pour le Portugal et les portugais(propriétaire d’un bien au Portugal et résidant 2 à 3 mois par an);maintenant vous servir de votre rejet de la France pour faire vivre votre « business » me dégoûte…La France est un beau pays et malgré votre constat à charge il y fait bon vivre …au lieu de fuir il faut au contraire rester et défendre ses valeurs ,y combattre les inégalités, les injustices et l’insécurité…il faut s’engager, pour que notre France continue d’exister et de briller ,et non capituler!Maintenant que pensez vous de tous ces français ,je pense aux RNH, dont beaucoup pensent comme vous et le font entendre et qui malgré tout s’empressent de revenir en France dès qu’un problème de santé survient???….et ceux qui en fin de RNH vendent leur bien pour revenir en France, l’intérêt pour le Portugal ne résidait en fait qu’à travers l’exonération d’impôts…c’est du vécu…
    Enfin je pense aux portugais ,à leur pouvoir d’achat ,qui rend difficile pour bon nombre l’accès au logement…militez pour leur facilitez la vie…et leur permettre de trouver un toit…cela leur éviterait peut être de quitter leur pays pour l’Espagne, la France,….

    Réponse
    • Jean

      Ne soyez pas « dégoûté », je n’utilise pas ce qui se passe pour « vendre » notre service mais je constate. J’aimerais bien résister comme vous dites mais comment résister quand on est submergé ? Quand les autorités de toutes sortes et une grande partie des français trouvent normal, voire génial, que nous laissions nos frontières grandes ouvertes, voire que nous faisions des appels d’air pour que tous viennent être pris en charge chez nous ? Mon diagnostic et pessimisme est dû à l’analyse des chiffres, des quantités. Je ferais la semaine prochaine un article là dessus qui vous donnera quelques idées de ce que j’avance. Quand à la santé, le système portugais est bien souvent meilleur qu’en France mais ces retraités qui se soignent en France soit ne parlent pas portugais soit ont choisi de ne pas s’inscrire aux systèmes de santé privés. Qui sont largement supérieurs au service public portugais et surtout français. Enfin si les prix augmentent pour l’immobilier c’est tout simplement d’abord un rattrapage des prix, ensuite ce sont des portugais qui vendent à meilleur prix et tant mieux pour eux et enfin c’est parce que tellement des personnes veulent vivre ici la sécurité. Tout le reste c’est bien gentil et sympa mais on ne peut jamais rien faire tout seul contre les grandes vagues des sociétés, des cycles économiques.

      Réponse
  3. ANNIE

    Bonjour,
    Malheureusement tout ce qui est ennoncé dans ce reportage est vrai, la France n’est plus ce qu’elle était. La France était un des pays les plus beaux, le plus visité, aujourd’hui les Français ne se sentent plus chez eux, la France d’aujourd’hui est défigurée et abîmée. C’est un triste constat. Pourtant j’aime la France, celle d’avant avec son histoire et ses coutûmes, cette France défigurée d ‘aujourd’hui ne me plait pas, c’est bien dommage.

    Réponse
  4. Charles Dangreau

    Installé depuis fin 2018, force est de constater que le Portugal est plus performant que tout un chacun hors de ce pays puisse penser. Ayant vécu 10 ans en région Parisienne puis travaillé comme directeur technico – commercial sur toute la France pendant 23 ans, le constat de cet article est évident. S’il y a des inconvénients, il y a aussi des avantages pour les Portugais ne fût ce que dans le fait que « l’expatrié » consomme, achète, rénove, construit, etc
    En tant que Belge, le constat est le même.

    Réponse

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